Deter, le salaire de la peur
Dans un univers médiéval fantastique où la barbarie anime les débats, un être mystérieux va mener une quête plus noble qu'il n'y parait.
Deter est un "logai" peu commode et peu loquace. Il ressemble à un mélange entre un troll et un singe enragé qui aurait pas bu son café. Toujours vêtu d'un manteau à capuche bien cintré, il maitrise à merveille l'art du démembrement sous toutes ces formes.
Deter revient d'une mission suicide et part récupérer sa récompense auprès d'un certain bibliothécaire qui réside dans une tour gigantesque.
A la manière d'un jeu vidéo des temps anciens, le héros va devoir gravir chaque niveau et faire face à des pièges toujours plus sournois. Les étages sont bourrés de créatures malveillantes aux noms bizarroïdes et à la langue bien pendue.
Amaury Bündgen est au four et au moulin dans l'élaboration de cette œuvre hors du temps et des cancans habituels. L'artiste occupe une place spéciale dans la bande dessinée en enchainant les sorties magistrales et uniques.
Cette BD est un hommage à la dark fantasy de Corben et Frazetta qui réussit son pari grâce à un dessin en noir et blanc soigné et racé. Les architectures sont à se damner. Le niveau de détails donne le tournis quand on pense au nombre d'heures que l'auteur a du passer pour donner vie à ce cauchemar infernal.
Deter est une œuvre radicale et jubilatoire. Peu bavarde, elle laisse planer le doute sur les réels enjeux qui se trament dans cet univers ténébreux.
La brutalité et le vocabulaire coloré nous pousse fortement à conseiller cette BD à un public adulte.