Une femme est un artichaut
Récit drôlatique (presque) autobiographique dansé et conté... quelque part entre Ionesco, la danse indienne et la confusion identitaire. De et par Ofra Hoffman. Mise en scène Patrick Rabier.
Dans un chaos de débris de souvenirs et de chimères se révèle le parcours d'une danseuse marginale en quête d'appartenance, qui rêve de paix, d'amour, de Johnny Depp... Sa parole l'amène à danser, ses danses à raconter.
« J'ai créée spectacle par besoin de partager une tragédie humaine, banale, la tragédie triviale d'une femme qui ne trouve jamais sa place, se sent étrangère même chez elle et tente inlassablement à s'intégrer. Je suis immigrante, le sol étranger reste pour moi une scène. Apprendre et interpréter les codes d'une simple rencontre exige un savoir-faire, une observation des plus fine. On passe par une transformation pour appartenir, pour essayer d'appartenir, pour décoder, pour s'assimiler. Je m'interroge la nature de cette nouvelle identité qui se crée quand on quitte son pays, sa langue maternelle, sur ce va-et-vient entre ce que l'on joue et ce que nous sommes et sur ce qu'il reste de l'autre monde, qui demeure quelque part notre maison. »
Quand je suis arrivée à Paris mon voisin de palier me posait régulièrement cette question :
« Alors, mademoiselle, tu as aimé tirer sur les petits enfants palestiniens pendant ton service militaire ? »
Et moi, un peu déconcertée, mais pour ne pas briser les codes de la légendaire politesse française, je répondais : « Oui monsieur, merci. »