Tout juste lancé

Le Gazouilleur, c'est nouveau

Le Gazouilleur vient d'ouvrir. Nous l'améliorons en continu.

12 hommes en colère
A voir!

12 hommes en colère

Victor FRANCES

En ce moment sur la plateforme France TV passe « 12 hommes en colère ». Un classique, un
ultra classique toujours dans les classements un peu bidons des 10/20/100 plus grands films de
tous les temps.


C’est simple : un huis-clos, la délibération entre 12 hommes pour décider si l’accusé, un jeune
adolescent noir que tout accable doit être condamné à mort pour le meurtre de son père.
Evidemment qu’il est coupable, toutes les preuves sont là et surtout lui-même est une preuve :
pauvre et noir.. La sentence ne sera validée que si le vote est unanime. 12 mains levées pour
« guilty » ou 12 mains levées pour « not guilty ». 11 mains se lèvent pour la mort. 11 têtes se
tournent vers Celui qui n’a pas levé la main. Certains croient à une blague. Puis c’est la
consternation. Le film peut commencer.


Henry Fonda, dont on ne connait le prénom du personnage qu’à la fin, est celui qui n’a pas levé
la main. On pourrait dire qu’il porte tout seul, sur des épaules d’acier, tout le film. Ce ne serait
pas faux. On dira que c’est la clé de voute qui porte une architecture du feu de Dieu. Les onze
autres personnages sont époustouflants de nécessité. Chacun doit être là et s’il manquait un
seul des 12, tout s’effondrerait : la narration, la tension, le jeu des autres acteurs, la place des
autres personnages.


Ce qui fait de ce film ce qu’il est, c’est absolument tout : la photographie (un noir et blanc
lapidaire), l’ambiance caniculaire (on sue avec eux dans cette moiteur de soir d’été), la direction
d’acteurs, le rythme narratif : le film dure aussi longtemps que la délibération, le film EST la
délibération. Et puis,... c’est surtout ce que Sidney Lumet a fait d’anonymes, de simples civils
tirés au sort, de bons WASP, pères de familles, actifs, abonnés au stade de base-ball. Il en a fait
des cœurs ouverts qui révèlent au fur et à mesure, leurs failles, leurs manquements, leur
immoralisme, leurs blessures, et surtout,... leur paresse. C’est fatigant de penser, et encore
plus contre soi, c’est fatigant mais c’est pratique et ça laisse la dictature se poser doucement.
Ce film est un encouragement à penser. Ce n’est pas un réquisitoire contre le racisme, mais
davantage une injonction à aller plus loin que l’évidence.


Aucun n’avait levé la main pour une raison objective, hors-de-soi.
Le défi : que 12 hommes lèvent la main pour « not guilty ».